Vous avez demandé des devis pour numériser votre bâtiment en 3D. Et vous avez probablement reçu des chiffres très différents, sans trop comprendre pourquoi. Entre le prestataire qui facture au forfait jour, celui qui travaille au m² et celui dont l’offre inclut déjà la maquette BIM finale, difficile de comparer.
Cet article pose une grille de lecture claire sur les prix pratiqués à Genève et les délais selon votre type de projet. Pour comprendre le processus complet du scan to BIM et ses étapes méthodologiques, consultez notre article dédié : Le Scan to BIM : les 5 grandes étapes.
Les 5 facteurs qui font varier le prix
Pourquoi deux bâtiments de surface équivalente peuvent afficher des devis très différents — les leviers concrets qui pèsent sur le coût final.
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01
Surface
L'effet d'échelle fait baisser le coût au m².
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02
Complexité géométrique
Niveaux décalés, cloisons, charpente = plus de positions de scanner.
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03
Accessibilité
Bâtiment occupé = interventions hors heures, en plusieurs sessions.
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04
Géoréférencement CH1903+ / LV95
Obligatoire pour tout dépôt BIM à Genève.
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Livrable final
Nuage brut vs nuage traité vs maquette BIM : prix x3 d'écart.
I. Pourquoi faire scanner votre bâtiment en 3D ?
À Genève, les projets pour lesquels nos équipes sont sollicitées se regroupent autour de quatre situations principales : rénovation et transformation, extension d’un bâtiment existant, dépôt d’autorisation de construire en BIM sur AC-Démat, et constitution d’une base de données pour la gestion de l’exploitation.
Sur les projets de rénovation lourde que nous accompagnons, l’absence de plans existants fiables est systématiquement la première source de retards et de surcoûts en phase d’exécution. Le scan règle ce problème à la source.
II. Les facteurs qui font varier le prix
Cinq variables pilotent le budget d’un scan 3D à Genève.
La surface
C’est le critère de base. L’effet d’échelle joue : le coût au m² diminue au-delà d’un certain seuil, car les frais fixes (déplacement, mise en place, géoréférencement) sont amortis sur une plus grande surface.
La complexité géométrique
Un plateau libre est simple à scanner. Un bâtiment avec de nombreuses pièces cloisonnées, des niveaux décalés ou des éléments de charpente complexes nécessite plus de positions de scanner et donc plus de temps.
L’accessibilité
Un bâtiment en activité (clinique, hôtel, bureaux occupés) impose des contraintes d’organisation. Les scans se déroulent souvent en dehors des heures d’occupation, en plusieurs sessions.
Le géoréférencement
Le géoréférencement est un prérequis pour tout projet genevois destiné au dépôt BIM ou à l’intégration dans les maquettes contextuelles du SITG. Il s’appuie sur le système de référence suisse CH1903+/LV95 pour les coordonnées planimétriques, et sur le MN95 (Mensuration Nationale 95) pour les altitudes, les deux sont nécessaires pour un géoréférencement complet et conforme aux exigences suisses. Cette étape implique l’intervention d’un géomètre, et c’est une spécificité à ne pas négliger face à des offres étrangères qui n’en tiennent pas compte.
Le livrable final
Nuage de points brut, nuage traité et nettoyé, ou maquette BIM complète ? Le prix peut varier du simple au triple selon ce que vous commandez réellement.
III. Grille indicative par type de projet
Les fourchettes ci-dessous incluent l’acquisition sur site, le traitement du nuage de points et la livraison dans un format standard (.e57 ou .rcp). La production d’une maquette BIM LOD 200 est facturée en supplément.
| Type de projet | Surface indicative | Fourchette acquisition + nuage traité |
|---|---|---|
| Appartement ou petit commerce | < 200 m² | CHF 1 500 – 3 500 [À VÉRIFIER] |
| Immeuble de logements | 500 – 1 500 m² | CHF 4 000 – 10 000 [À VÉRIFIER] |
| Immeuble de bureaux | 1 500 – 5 000 m² | CHF 8 000 – 20 000 [À VÉRIFIER] |
| Bâtiment classé ou patrimonial | Sur mesure | Devis selon complexité et besoins futurs |
Chaque projet est différent. Le prix final dépend autant de l’état du bâtiment que de l’usage prévu pour la maquette : un scan destiné à un simple relevé de surfaces n’implique pas le même niveau de prestation qu’un scan conçu pour alimenter une maquette d’exploitation sur 20 ans. Deux postes sont régulièrement sous-estimés dans les budgets : le géoréférencement MN95/LV95 et la modélisation BIM, qui reste une prestation distincte du scan.
Grille tarifaire indicative
Fourchettes de prix observées selon la typologie du bâtiment. Pour orienter, pas pour engager — chaque projet fait l'objet d'un devis sur mesure.
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Appartement / petit commerce
< 200 m²
CHF1 500 — 3 500 -
Immeuble de logements
500 – 1 500 m²
CHF4 000 — 10 000 -
Immeuble de bureaux
1 500 – 5 000 m²
CHF8 000 — 20 000 -
Bâtiment classé / patrimonial
Surcoût appliqué au tarif de base
+ 30 % — 50 %
IV. Scanner stationnaire ou mobile mapping : quelle différence pour le prix ?
C’est une question que nos clients posent de plus en plus souvent et elle a un impact direct sur le budget.
Le scanner stationnaire
C’est la technologie de référence (Leica RTC360, FARO Focus). Le scanner est posé sur trépied, effectue un relevé complet à 360°, puis est déplacé position par position. Précision : 1 à 3 mm. Idéal pour les bâtiments classés, les espaces complexes ou les projets nécessitant un haut niveau de détail.
Le mobile mapping
Des systèmes comme le Leica BLK2GO permettent à un opérateur de parcourir le bâtiment en marchant, capteur en main. L’acquisition est deux à cinq fois plus rapide. La précision est légèrement inférieure (5 à 10 mm typiquement), suffisante pour la très grande majorité des projets de rénovation en LOD 200.
Les deux sont complémentaires
Sur un projet complexe, les deux technologies peuvent se combiner : le mobile mapping pour les circulations et les grandes surfaces, le scanner stationnaire pour les zones techniques ou patrimoniales qui exigent une précision accrue. Le choix de la technologie (et donc une partie du prix) dépend directement du niveau de détail attendu dans le livrable final.
V. Délais moyens selon la surface et la complexité
Un projet de scan 3D se déroule en trois phases.
Acquisition sur site : un immeuble de 1 000 m² peut être scanné en une journée. Un bâtiment de 5 000 m² avec contraintes d’accès peut nécessiter deux à trois jours répartis sur plusieurs semaines.
Traitement du nuage de points : recalage, nettoyage, géoréférencement, export. Compter deux à trois jours pour 1 000 m², une semaine à dix jours pour 5 000 m².
Modélisation BIM (si demandée) : entre une et quatre semaines selon la surface et le niveau de détail requis.
Ce qui raccourcit les délais
- Bâtiment vide le jour du scan
- Plans d’époque disponibles en amont
- Brief précis sur le niveau de détail attendu
Ce qui les allonge
- Bâtiment en activité avec des créneaux d’intervention étroits
- Espaces inaccessibles lors de la première intervention
- Définition tardive du LOD requis, entraînant des reprises
Timeline type d'un projet Scan to BIM
Trois phases enchaînées, du relevé sur site jusqu'à la maquette livrée. Les durées varient avec la surface et la complexité — voici les ordres de grandeur.
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P1Acquisition sur site
1 — 3 jours -
P2Traitement du nuage de points
2 — 10 jours -
P3Modélisation BIM
1 — 4 semaines
VI. Ce que nos équipes observent sur le terrain genevois
Les plans d’époque : une base à vérifier, pas à suivre
Les plans des bâtiments des années 1960-1980 présentent presque toujours des écarts avec l’état réel : travaux successifs, modifications de cloisons, gaines techniques ajoutées sans mise à jour des plans. Le scan révèle ces écarts systématiquement, et évite de concevoir un projet sur des données fausses.
Bâtiments classés : capter les irrégularités, pas les corriger
Sur les bâtiments classés, la géométrie n’est jamais régulière. Un relevé traditionnel « corrige » ces irrégularités ; le scan les capture fidèlement. Pour un architecte en charge d’une restauration, c’est une donnée précieuse, pas un obstacle.
Chantiers en activité : documenter avant de fermer
Les interventions se déroulent typiquement le soir ou le week-end sur des zones libérées par le chef de chantier. Le cas d’usage le plus utile : documenter les réseaux sous chape ou dans les parois avant fermeture, pour alimenter la maquette d’exploitation et éviter les mauvaises surprises lors de travaux ultérieurs.
Genolier Innovation Hub : la chaîne complète
Le projet Genolier Innovation Hub, que Link-BIM accompagne aux côtés de Roof et du maître d’ouvrage, illustre la continuité possible entre numérisation de l’existant et maquette d’exploitation à condition que la maquette soit conçue dès l’origine avec cet objectif.
Conclusion
Le budget d’un scan 3D à Genève dépend avant tout de ce que vous commandez réellement. Nuage de points brut, nuage traité et géoréférencé, maquette BIM exploitable : trois livrables distincts, trois niveaux de prix très différents. La question à clarifier en premier : quel usage ferez-vous de la donnée ?
Notre équipe pluridisciplinaire (géomètres, experts Open BIM, responsables CVSE) accompagne les maîtres d’ouvrage et les architectes genevois de la prise de données jusqu’à la maquette exploitable. Un article dédié aux nouvelles technologies (LiDAR mobile, post-traitement IA) est à paraître prochainement. En attendant, retrouvez nos ressources sur notre page scan 3D et nos guides téléchargeables.
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Mon bâtiment est-il trop petit pour justifier un scan 3D ?
Pour un espace simple en dessous de 80-100 m², un relevé manuel reste souvent la solution la plus économique. À partir d'un appartement standard avec des travaux de rénovation conséquents, le scan commence à se justifier, notamment grâce à la fiabilité des données et au temps gagné sur la modélisation. En dessous de ce seuil, il peut aussi être pertinent de mutualiser le scan avec d'autres appartements de l'immeuble si plusieurs lots sont concernés par un même projet.
Faut-il fournir des plans existants avant l'intervention ?
Non, c'est précisément l'intérêt du scan de ne pas en dépendre. En revanche, si des plans d'époque existent, les partager en amont est utile : ils permettent de préparer le plan de stations optimal et d'identifier les zones potentiellement difficiles d'accès. À noter que sur les bâtiments genevois des années 1960-1980, ces plans présentent presque toujours des écarts significatifs avec l'état réel, ils restent une aide à la préparation, pas une référence.
Quelle est la différence de prix entre scanner stationnaire et mobile mapping ?
Le mobile mapping est généralement moins cher sur les grandes surfaces, car l'acquisition est deux à cinq fois plus rapide. Sur un immeuble de bureaux de 3 000 m², le gain de temps se traduit directement sur la facture. En revanche, pour les bâtiments classés ou les projets à haute exigence de précision, le scanner stationnaire reste indispensable, et son coût plus élevé est justifié par la qualité du relevé. Les deux technologies sont souvent combinées sur un même projet.
Le géoréférencement MN95/LV95 est-il toujours obligatoire ?
Pas systématiquement. Pour un projet de rénovation interne sans dépôt BIM, un référencement local (relatif au bâtiment) peut suffire. En revanche, dès que le projet implique un dépôt d'autorisation de construire en BIM sur AC-Démat ou une intégration dans les maquettes contextuelles du SITG, le géoréférencement en CH1903+/LV95 et MN95 est obligatoire. C'est une étape à anticiper dès le brief, l'ajouter après coup sur un nuage de points non géoréférencé est possible mais coûteux.
Le nuage de points est-il utilisable directement dans Revit ou ArchiCAD ?
Oui, les deux logiciels intègrent nativement les nuages de points comme fond de référence. Dans Revit, il apparaît en superposition dans toutes les vues (plan, coupe, élévation, 3D) et sert de guide pour la modélisation. Dans ArchiCAD, le fonctionnement est similaire. La nuance importante : le nuage est une référence visuelle, pas une maquette. Les objets BIM doivent être créés par-dessus, c'est l'étape de modélisation, distincte du scan et facturée séparément.